Les premières traces de production de vin remontent à environ 8000 ans avant notre ère, marquant l'une des plus anciennes boissons fermentées connues de l'humanité.
Apparition de l'hydromel (boisson fermentée à base de miel) et des premières formes de bière, deux des plus anciennes boissons alcoolisées de l'histoire humaine.
Les premières distillations documentées sont attribuées aux alchimistes alexandrins du 1er siècle, notamment Maria la Juive. Ces techniques primitives posent les fondements de la future production d'alcools distillés.
Développement des premières méthodes de production du saké au Japon, boisson fermentée à base de riz qui deviendra un élément central de la culture japonaise.
Zosime de Panopolis documente et améliore les techniques de distillation existantes, contribuant significativement au développement de cette science.
Abu Mūsā Jābir ibn Hayyān développe un appareil de distillation plus sophistiqué, posant les bases techniques pour la future production de spiritueux.
Premières références fiables à l'Uisce Beatha ("eau de vie" en gaélique) en Irlande. Ces eaux-de-vie primitives sont les ancêtres du whisky irlandais.
Apparition du soju en Corée, spiritueux traditionnellement distillé à partir de riz.
L'hypocras, vin épicé au miel et aux herbes, devient populaire dans l'Europe médiévale. Il est considéré comme un précurseur des vins aromatisés et des cocktails.
Début de la production d'Armagnac, l'un des plus anciens spiritueux de France, dans la région de la Gascogne.
Développement des techniques de fermentation du cidre, boisson alcoolisée à base de pommes particulièrement populaire en Europe du Nord.
La première mention écrite du whisky écossais date de 1494 dans les registres fiscaux ("Exchequer Rolls"), où figure l'achat de malt par Frère John Cor pour produire de l'"aqua vitae" (eau de vie).
Apparition documentée de l'aquavit, eau-de-vie scandinave aromatisée principalement au carvi et à l'aneth.
Début de la production de calvados, eau-de-vie de cidre de pomme traditionnelle de Normandie.
Développement du genièvre (jenever) aux Pays-Bas, spiritueux aromatisé aux baies de genévrier initialement utilisé à des fins médicinales. Cette boisson sera l'ancêtre direct du gin anglais.
Développement sur l'île de Curaçao d'une liqueur d'agrumes à base d'écorces d'oranges amères. Ce spiritueux deviendra un ingrédient fondamental dans la mixologie classique et moderne.
Fondé par le Sicilien Francesco Procopio Dei Coltelli, "Le Procope" est considéré comme le plus ancien Café-Glacier de Paris, contribuant à la culture des établissements de boissons en Europe.
Développement des techniques de production du cognac dans la région de Charente, en France. Ce spiritueux deviendra l'une des eaux-de-vie les plus prestigieuses au monde.
Bien que distillée depuis le 14e siècle, la vodka commence à se répandre largement au début du 18e siècle. La légende attribue sa première distillation au moine Isidore en Russie vers 1430. Auparavant, le Prince Ivan III avait interdit toute production de boissons alcoolisées fortes, laissant le Kvass comme boisson nationale.
Popularisation du gin en Angleterre, dérivé du genièvre néerlandais. Suite à diverses législations favorables à la distillation domestique, Londres connaît la période dite de la "Gin Craze" (folie du gin) entre 1720 et 1751, avec une consommation massive de gin souvent de mauvaise qualité.
Développement de la production industrielle de rhum dans les Caraïbes, à partir de la fermentation du jus de canne à sucre ou de la mélasse.
Début de la production du pisco, eau-de-vie de raisin originaire du Pérou et du Chili.
Création du célèbre Portwine Sangaree, ancêtre de la sangria moderne et l'un des premiers "mixed drinks" documentés. Cette boisson à base de vin de Porto, d'eau, de sucre et d'épices était particulièrement populaire dans les colonies britanniques.
Au milieu du 19e siècle, Paris connaît une forte migration interne : poussés par la pauvreté, les Auvergnats et les Bretons s'installent à Paris, important ainsi leur culture. Les premiers Auvergnats arrivent à Paris dans les années 1750. Ce n'est que dans les années 1830-1840 que les paysans pauvres, qui parcouraient souvent à pied les 700 kilomètres entre l'Aveyron et Paris, commencent à s'y établir. Ils agissent comme porteurs d'eau, hissant des seaux de 10 à 15 litres jusqu'aux étages des immeubles. Plus tard, ils vendent du charbon (bougnat : un charbonnier et un tenancier de bar, également argot pour un natif d'Auvergne) ; dès lors, naît la vocation de "cafetier". Le terme finit par désigner les cafés parisiens tenus par des bougnats, les café-charbons, à la fois débits de boissons et fournisseurs de charbon. Ils s'installaient surtout dans les quartiers populaires et portaient souvent l'inscription "Vins et charbons". Le mari livrait le charbon, tandis que sa femme servait les clients. Certains ont complété leur activité par la restauration et l'hôtellerie. L'apogée des bougnats se situe dans la première moitié du 20e siècle.
Mathurin Roze de Chantoiseau et sa femme inventent le concept de "restaurant", initialement appelé "Maison de Santé" avec la promotion des fameux bouillons du même nom. Pour la première fois, l'hôte pouvait faire un choix basé sur un menu.
Naissance d'Antonin Carême (8 juin 1783 - 12 janvier 1833), chef français inventeur de la toque et premier chef "étoilé" de l'histoire. Vers la même période, Antonio Benedetto Carpano développe le Vermouth à Turin, un vin aromatisé qui deviendra un ingrédient essentiel dans de nombreux cocktails classiques.
Publication de l'"Almanach des Gourmands" par Grimod de La Reynière, précurseur de la critique gastronomique et contribution importante à la culture culinaire et des boissons.
La première définition publiée du mot 'cocktail' apparaît dans un journal américain, le Balance and Columbian Repository, le 13 mai 1806. Il y est décrit comme 'un stimulant composé de spiritueux de toute sorte, de sucre, d'eau et de bitters'.
the publication was "The Balance, and Columbian Repository"
L'étymologie du mot "bistro" remonte à 1814, à l'époque de l'occupation de Paris par les soldats de la cavalerie de l'armée russe du Tsar Alexandre Ier, qui avaient l'habitude de crier "быстро, быстро" dans les bars parisiens pour demander à être servis rapidement. "быстро", qui signifie "vite" en russe, se prononce "bystro" en français. Pour plus d'informations : Bistro
Johann Siegert, médecin militaire prussien, invente l'Angostura, un bitter à base de rhum, de gentiane et d'écorce d'orange qui deviendra un ingrédient indispensable dans de nombreux cocktails classiques.
Robert Stein, distillateur écossais, pose les bases de l'alambic à colonne, réinventé par Aeneas Coffey en 1830 sous le nom de "Coffey still", entrant ainsi en concurrence avec les performances de l'alambic charentais traditionnel (pot still).
Johann Gottlieb Böker crée les Boker's bitters, qui seront produits jusqu'en 1920 et influenceront considérablement la mixologie.
Antoine Amédée Peychaud, apothicaire à La Nouvelle-Orléans, crée son bitter qui deviendra un ingrédient clé du cocktail Sazerac, considéré par beaucoup comme l'un des premiers cocktails.
Le mot "restaurant" est intégré dans le Dictionnaire de l'Académie française, témoignant de l'importance grandissante de la gastronomie et de la culture des boissons.
Antoine Amédée Peychaud commence à servir un mélange de cognac, de sucre et de ses propres bitters dans des coquetiers ("egg-cups") à La Nouvelle-Orléans. Ce mélange évoluera pour devenir le cocktail Sazerac, l'un des plus anciens cocktails américains.
Le Mint Julep, mélange de bourbon, de menthe fraîche, de sucre et de glace pilée, devient extrêmement populaire dans le Sud des États-Unis. Ce cocktail emblématique illustre l'émergence de la culture des cocktails américains et sera plus tard associé à la course hippique du Kentucky Derby.
Naissance d'Auguste Escoffier (28 octobre 1846 - 12 février 1935), chef cuisinier français qui révolutionnera la gastronomie et influencera indirectement le monde des boissons et des cocktails.
Le premier "bouillon" (type de restaurant servant généralement une cuisine française traditionnelle, incluant le bouillon qui donne leur nom à ces établissements) apparaît en 1854 à Paris grâce à un boucher astucieux, Adolphe-Baptiste Duval (1811-1870).
Frederick Tudor, surnommé le "Roi de la Glace", développe le commerce international de glace, transformant radicalement la façon dont les boissons sont servies et permettant la création de nouveaux types de cocktails. Simultanément, c'est le début de l'âge d'or du xérès (sherry), un vin fortifié qui deviendra un ingrédient important dans de nombreux cocktails classiques.
Jerry Thomas publie 'How to Mix Drinks or The Bon Vivant's Companion', considéré comme le premier livre de recettes de cocktails. Il marque le début de la codification des recettes de cocktails et contient des recettes emblématiques comme le Tom & Jerry et le Blue Blazer.
https://euvslibrary.com/?p=394
1887
1929
Tom&Jerry
Blue Blazer
Le phylloxéra frappe les vignes européennes. Le vin et le cognac perdent du terrain face au whisky de seigle, modifiant profondément le paysage des spiritueux et influençant l'évolution des cocktails.
Naissance d'Édouard Nignon (9 novembre 1865 - 30 octobre 1934), figure emblématique de la cuisine française du 20e siècle. On lui attribue l'invention du homard à l'armoricaine et de la beuchelle tourangelle. Intéressé par les combinaisons de saveurs atypiques, il a créé les huîtres au camembert.
Fondée en 1867, la brasserie Mollard est la plus ancienne brasserie de Paris, contribuant à la riche tradition des établissements de boissons en France.
Naissance de Maurice Edmond Sailland, dit Curnonsky (12 octobre 1872 - 22 juillet 1956), romancier, gastronome, humoriste et critique culinaire français, élu "Prince des gastronomes".
Naissance de Marcel Rouff (4 mai 1877 - 3 février 1936), qui écrira avec Curnonsky "La France Gastronomique" et fondera avec lui l'"Académie des gastronomes" en 1928.
Publication de "American & Other Drinks" par Léo Engel, un ouvrage qui contribue à la codification des recettes de cocktails et à leur diffusion en Europe.
1880
1881
Publication du "New and Improved Bartender's Manual" par Harry Johnson, le premier manuel complet destiné aux professionnels du bar.
https://euvslibrary.com/?p=175
1882
1888
1900
1934
Création du Kina Lillet, un apéritif à base de vin blanc et de liqueurs d'agrumes qui deviendra un ingrédient essentiel dans des cocktails classiques comme le Vesper Martini. Il sera reformulé en 1986 sous le nom de Lillet Blanc, avec un goût moins amer.
William Boothby publie "Cocktail Boothby's American Bartender", tandis que le terme "mixologie" commence à apparaître, marquant l'évolution du métier de barman vers une discipline plus technique et créative.
1891
1900
1908
1930
1934
Développement et documentation de la production d'Arak, eau-de-vie anisée traditionnelle du Moyen-Orient.
Développement et popularisation du chouchen, hydromel breton traditionnel à base de miel fermenté et de jus de pomme.
Les frères Frédéric et Camille Chartier créent leur premier bouillon en 1896, dans une salle ressemblant à une grande halle de gare, sous le nom "Le Bouillon" près des Grands Boulevards. La même année, Louis Fouquet publie "Bariana - Recueil pratique de toutes boissons Américaines et Anglaises", contribuant à la littérature des cocktails en français.
1896
Publication de "American-Bar" par Frank Newman, un ouvrage qui contribue à la diffusion de la culture des cocktails américains en Europe.
1904
1907
Le Catalan Constantino Ribalaïgua Vert arrive à Cuba en 1910, avant de devenir propriétaire de "La Florida", rebaptisée "Floridita" vers 1940, qui deviendra l'un des bars à cocktails les plus célèbres au monde. En France, l'absinthe commence à être interdite, modifiant les habitudes de consommation et les recettes de nombreux cocktails.
Hugo Ensslin codifie la recette du Dry Martini moderne dans son livre "Recipes for Mixed Drinks". Ce cocktail, mélange de gin et de vermouth sec, deviendra l'un des plus emblématiques et élégants de l'histoire de la mixologie.
Le Comte Camillo Negroni demande au barman Fosco Scarselli du Caffè Casoni à Florence de renforcer son Americano en remplaçant l'eau gazeuse par du gin. Ainsi naît le cocktail Negroni, un classique intemporel composé de parts égales de gin, de vermouth rouge et de Campari.
Développement industriel de la tequila, dont les 'ancêtres' sont le Mezcal (~17e siècle) et le Pulque (déjà connu des Aztèques).
La prohibition aux États-Unis interdit la fabrication, la vente et le transport d'alcool. Cette période voit paradoxalement l'essor des cocktails, qui servaient notamment à masquer le goût de l'alcool de contrebande souvent de mauvaise qualité. Les "speakeasies" (bars clandestins) apparaissent. Dans le même temps, Cuba, et notamment La Havane, devient le centre de la culture du cocktail pour beaucoup. En 1924 est créé "The Club of the Cantineros". Des bars renommés fleurissent : Sloppy Joe, Bodeguita Del Medio...
Le blender est inventé par Stephen Poplawski, propriétaire de Stevens Electric Company, à Racine, Wisconsin, révolutionnant la préparation de certains cocktails. La même année, Robert Vermeire, un barman belge, publie "Cocktails: How To Mix Them", contribuant à la littérature des cocktails.
1922
Le professeur Jurgen Hans est crédité de l'invention de la première machine à glace produisant de la glace comestible, un élément essentiel pour la préparation des cocktails modernes.
"The Club of the Cantineros" publie son manuel. Harry Mac Elhone ("Harry's New York Bar" - Paris) publie "ABC of Mixing Cocktails". Harry Craddock (Savoy London Hotel) publie "The Savoy Cocktail Book". Ces trois ouvrages deviendront des références majeures pour la mixologie.
1930
Harry Mac Elhone ("Harry's New York Bar" - Paris) publie "ABC of Mixing Cocktails".
1930
Harry Craddock (Savoy London Hotel) publie "The Savoy Cocktail Book".
1930
Inspiré par la culture polynésienne, Ernest Raymond Beaumont Gantt alias "Donn Beach" ouvre le premier bar tiki, "Don the Beachcomber", pendant les années 1930 à Hollywood, Californie, qui se développera en une chaîne de dizaines de restaurants à travers les États-Unis. Pendant ce temps, Victor Bergeron alias "Trader Vic" ouvre le "Hinky Dink's" à Oakland en 1934, qui deviendra la chaîne de restaurants "Trader Vic's". Tous deux deviendront, d'une certaine manière, les pères fondateurs des cocktails Tiki.
Après la fin de la Prohibition, le bar Tiki Don the Beachcomber ouvre à Hollywood, lançant la mode des cocktails exotiques et des boissons Tiki qui domineront les années 1940 et 1950.
Frank Meier (Ritz Paris Hotel) publie "The Artistry of Mixing Drinks", un ouvrage qui influence profondément l'art de la mixologie en Europe.
1936
Harry Craddock (Savoy London Hotel) publie "Approved Cocktails by the United Kingdom Bartender's Guild", contribuant à la standardisation des recettes de cocktails.
1937
Fernand Petiot finalise la recette du Bloody Mary au King Cole Bar de l'hôtel St. Regis à New York. Ce cocktail à base de vodka et de jus de tomate deviendra un classique mondial, particulièrement apprécié pour le brunch.
Victor Bergeron publie son premier livre de cuisine et de cocktails, un ouvrage fondamental pour la culture Tiki qui popularise de nombreuses recettes exotiques comme le Mai Tai, qu'il aurait inventé la même année.
Publication de "The Fine Art of Mixing Drinks" par David A. Embury, un ouvrage qui aborde la mixologie sous un angle plus théorique et qui influence profondément l'approche des cocktails.
1948 -->EUVS
Bien que son origine exacte soit contestée, c'est vers cette période que la Margarita gagne en popularité. Ce cocktail à base de tequila, de triple sec et de jus de citron vert deviendra l'un des plus consommés au monde.
Cette période est caractérisée par l'utilisation généralisée d'ingrédients artificiels et la perte des techniques classiques de mixologie. Les cocktails perdent en qualité et en authenticité, privilégiant les saveurs sucrées et les préparations industrielles.
Dale DeGroff, surnommé 'King Cocktail', révolutionne l'approche des cocktails au Rainbow Room de New York, en réintroduisant les ingrédients frais et les techniques classiques, marquant le début de la renaissance moderne du cocktail.
Le début du 21e siècle voit l'émergence d'une nouvelle génération de bartenders qui privilégient les ingrédients artisanaux, les spiritueux de qualité et la créativité dans la mixologie. Ce mouvement s'accompagne d'une renaissance des liqueurs traditionnelles et de la redécouverte de recettes oubliées.
Levée des interdictions sur l'absinthe aux États-Unis, marquant un tournant dans la redécouverte des spiritueux historiques. Cette légalisation permet à de nombreux bartenders de réintroduire cette liqueur emblématique dans leurs créations et de revisiter des cocktails classiques.
Les bars à cocktails de classe mondiale se développent partout dans le monde, avec des échanges constants entre les cultures et les traditions. Des villes comme Londres, Tokyo, New York et Sydney deviennent des centres d'innovation pour la mixologie, tandis que des tendances comme les cocktails moléculaires et l'utilisation d'ingrédients locaux se répandent globalement.
Émergence d'une tendance significative vers les cocktails à faible teneur en alcool (low-ABV) et les cocktails sans alcool sophistiqués (mocktails). Cette évolution répond à une demande croissante pour des options plus saines et plus inclusives dans la culture des bars.
Face à la pandémie mondiale, l'industrie des bars et des cocktails s'adapte en développant des formats à emporter et des kits de cocktails pour la maison. Cette période voit également une accélération de la digitalisation avec des masterclasses en ligne et des dégustations virtuelles.